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Une question de conscience



On m'a dit bien des fois "tu ne sais pas te remettre en question". C'est fou comme ces gens là me connaissent bien mal ! Je suis en perpétuelle remise en question !

Il se trouve qu'à la base, j'ai été montée de travers : on a mis en moi à la fois beaucoup de spontanéité, mais on a oublié la confiance en soi qui va avec. Celle qui permet d'assumer après avoir dit une chose ou une autre à untel, qui permet de tenir tête et de clamer "oui, c'est comme ça et pas autrement".

Un grain de sable, un léger souffle de vent contraire au mien, et le doute s'installe. J'ai dit ceci, portée par mon naturel et ma spontanéité, l'on me dit que j'ai tort... et je doute. Ai-je bien fait ? Je regrette, j'aurais dû me taire ne rien dire. "Et toi, qu'en penses-tu ? J'ai eu raison ?". Je quête l'approbation jusqu'à trouver la parole réconfortante, rassurante, celle qui saura m'apaiser et me conforter dans le choix que j'ai fait.

Pourquoi cette quête de l'approbation ? Il en est des autres qui ne se laissent pas influencer, qui ne flanchent pas même si une, plusieurs personnes, tout le monde les acculent. Ceux-là assument leurs choix, ont la force de leurs convictions.

Il est si facile de me faire douter, flancher, de m'influencer. 

Toute cette réflexion, je l'ai déjà en moi depuis longtemps, à force de penser trop, je me connais. Mais un exemple aujourd'hui m'a amené une illustration parfaite à tout cela.

Regardez plutôt.

Mon supérieur hiérarchique direct s'en va, bien malgré lui. Nous l'avons appris très récemment. Mon service est un petit service composé de 9 personnes. Nous sommes tous d'accord pour dire que nous avons eu jusqu'ici une chance inouie. Celle d'une ambiance de rêve, portée notamment par cette personne de grande qualité, très appréciée par mes collègues et moi-même pour son humanité.

Aujourd'hui, à l'occasion de mon évaluaton annuelle dont j'ai pris connaissance et dont le contenu m'a beaucoup touché (je n'aurais pu rêver meilleure évaluation), j'en ai profité pour lui faire savoir que je le regretterais, que j'avais vraiment aimé travaillé avec lui et que le fait qu'il parte (surtout dans ces conditions), m'attristait.

Il m'a remecié, s'est dit très touché et m'a assuré avoir aussi beaucoup aimé travailler avec moi.

En sortant de ce bureau, j'étais contente d'avoir pu lui dire tout le bien que je pensais de lui, tout particulièrement dans cette période difficile qu'il traverse, de lui faire savoir que cette nouvelle ne m'avait pas laissé de marbre.

J'ai expliqué cela à l'une de mes collègues, les mots utilisés, la scène.

Elle s'est esclaffée, a rigolé de ces "adieux larmoyants", m'a dit "c'est bon, c'est pas un tonton qui s'en va, c'est le monde du travail hein".

Et moi, persuadée quelques secondes auparavant du bien fondé de ma démarche, j'ai douté. N'était-ce pas déplacé ? Est-ce que j'aurais dû ne rien dire, faire "comme si de rien n'était", ne pas aborder le sujet ?

J'ai eu besoin d'être rassurée, j'en ai parlé à une autre collègue qui m'a répondu "eh bien moi je ferais comme toi" et "c'est important de dire aux gens tout le bien que l'on pense d'eux".

J'avais besoin de ces paroles, d'avoir été confortée dans le choix que j'avais fait, spontanément.

Si l'on cherche, on trouve forcément un avis pour, un avis contre. Je sais bien que le plus important est de savoir ce que je pense moi. 

Je pense avoir bien fait, mais une petite pointe d'incertitude subsiste maintenant...

Je sais que je peux aussi me taire et ne rien dire à qui que ce soit, ne pas collecter les avis d'autrui. J'ai essayé, je ne sais pas faire.

Il me faut ariver à m'accepter comme je suis, spontanée, pleine d'incertitudes, naturelle, très naturelle, fragile et pourtant, comme je l'ai détesté ce mot !! Mais c'est moi, et c'est comme ça.




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La wishlist "Ils me narguent"

Je suis rai-so-nnable ! Pas de shopping depuis 1 mois (ou si peu...), j'essaye tant bien que mal de continuer sur ma lancée. Mais mince quoi, les boutiques me narguent avec leurs jolis articles, la preuve :

Une robe jaune moutarde (sur Topshop) :



J'ai flashé sur une robe ABSOLUMENT parfaite dans ce coloris chez H&M. Il me la faut ! Bon, je ne la retrouve pas sur l'e-shop de la marque, donc je vous mets celle-ci qui est dans un style similaire et que je trouve très jolie aussi. N'empêche, celle de H&M est moins chère (30 euros)... Pas de doute, elle sera mienne dès que possible (avec des collants noirs et des bottines marrons... ouaaah !).

Mon futur manteau (sur La redoute) :


Très fifille, on est d'accord, mais noir et original ! Il existe en rose également mais bon, quand même le petit noeud + le rose, on va pas abuser hein !

THE heaband parfait (sur Adéli bien sûr):



Un jour au pays des Teletubbies, il sera mien ! Lui ou l'un de ses autres copains headband tout aussi canon. Enfin, c'est pas vraiment donné. Alors j'ai essayé d'en fabriquer un moi-même comme ce modèle tressé, mais moi et les travaux manuels... ce fut pas une réussite ! Donc, bon, il continue de me hanter :)

Un méga foulard à carreaux (chez Zara) :


Je ne sais pas pourquoi, chaque hiver dès que le froid pointe le bout de son nez, JE VEUX DES CARREAUX. Un truc chaud, avec des carreaux. Un maxi foulard bien chaud, tout doudou (comment ça, ça veut rien dire ?) comme celui-ci qui me fait de l'oeil chez Zara.

Un sac rouge (chez Minelli) :


"Rouge, comme un soleil couchant de Méditerranée, rouge comme le vin de Bordeaux dans ma tête étoilée" voilà, voilà. Il est rouge, il est beau, il est parfait, eh, tu sais quoi ? Il ira parfaitement bien avec ma future écharpe à carreaux !! 

La petite robe rouge (chez Mango) :




Aperçu dans le Mango rue de Rivoli, jamais oublié... La preuve ! Elle est là aujourd'hui, toujours aussi belle, et elle est... rouge, comme de par hasard !! C'est un complot je vous dis !


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La sauterelle



Lorsque j'étais petite, j'étais affublée de pas mal de surnoms en rapport avec ma minceur. Grande perche, asperge, sauterelle.
Enfant, cela ne me faisait ni chaud ni froid. Je n'avais aucune conscience de mon corps, ce qu'il était ou ce qu'il aurait dû être.

A l'adolescence, c'était une autre histoire avec cette période difficile qu'est le collège où les petits enfants se changent en ado souvent cruels. J'ai grandi d'un coup, je faisais partie des filles les plus grandes de ma classe, sans atteindre pourtant une taille extraordinaire pour mon âge. Grande... et maigre. Je pense que l'on ne pouvait pas parler de minceur à cette époque. En revoyant certaines photos, je me trouve bien "maigre" et je ne trouve vraiment pas cela joli.
Ajoutez à cela des problèmes de dos, vous obtenez une grande tige maigre et penchée. Je me souviens de cette vitrine sur le chemin du collège qui me renvoyait cette image que je n'avais pas envie de voir : celle de la sauterelle, vous savez, avec les grandes pattes. Tous les jours en passant, je baissais la tête pour ne pas voir ce reflet.

Je portais beaucoup de vêtements larges, et je piochais souvent dans le rayon graçon pour les jeans ou les t-shirts, les pantalons joggings.

Au lycée, les moqueries en moins, j'ai commencé à être féminine. J'ai pris quelques kilos et commencé à aimer mon corps, compris qu'il pouvait être un atout. Je pouvais toujours manger n'importe comment, en grandes quantité, je ne grossissais pas et je ne pratiquais pourtant aucun sport. Mes amies m'enviaient, moi je me disais que j'avais de la chance à ce niveau-là. Cela ne faisait pourtant pas de moi la fille sûre d'elle : je suis et j'ai toujours été une grande timide ayant peu confiance en elle.

A 17 ans, je mesurais la même taille qu'aujourd'hui : 1 m 67 et pesais 57 kilos. 

Un poids qui me convenait tout à fait.

C'est à cet âge que j'ai vécu des évènements difficiles (dont j'ai déjà parlé ici), la perte de deux membres de ma famille. Deux mois plus tard, j'ai débuté des études en classe prépa littéraire. 

De la pression, un grand sentiment de solitude dû aux évènements, et une alimentation des plus sommaires, et j'ai perdu 3 kilos pour atteindre 54 kilos.

Je suis allée vivre chez mon père qui a eu l'air catastrophé par mon poids et surveillais que je mangeais bien ma soupe et ma salade du soir (pour les légumes), mon fruit du jour, et les bons petits plats que ma belle-mère me préparait. J'ai aussi eu le droit aux discours "une femme sans forme c'est pa joli". Tout cela me faisait sourire car mon poids m'était totalement indifférent. Je n'avais jamais de ma vie cherché à en perdre ou surveillé mon alimentation pour ne pas en prendre.

Petit à petit, j'ai retrouvé mon poids "santé" : 57 kilos.

Je vous passe la période étudiante avec les soirées pizza-chips-alcool qui m'a valu de monter jusqu'à 60 kilos et d'être complexée par mon petit ventre.

Une fois cette phase d'excès passée, je suis revenue à ce fameux poids : 57 kilos.

Et depuis peut-être 1 ans, sans faire aucun excès, en mangeant équilibré, en ayant dit adieu aux plats préparés, j'ai dû malgré tout faire une croix sur ces 57 kilos. 

Peu importe que je fasse attention ou non, que je compte les calories ou non, que je me raisonne pour ne pas acheter le pain au chocolat du matin, je pèse aujourd'hui 60 - 61 kilos selon les jours.

Je ne suis plus une ado, plus une jeune fille : je suis une femme et j'ai, depuis ces quelques mois, mon corps de femme. Avec des hanches, avec des jambes toujours fines mais plus de celles de la sauterelle.

J'ai évolué.

Alors, entendons-nous bien, je ne me trouve pas grosse, vraiment pas, et je me sens plutôt bien dans ma peau. Mais il m'arrive de me plaindre de ces hanches, de repenser à ce corps qui pouvait tout avaler sans grossir. Et l'on me regarde avec des gros yeux, on rigole et on s'insurge car l'on pense que je me trouve "grosse", que je ne m'aime pas, et j'entends bien souvent "pff et moi qu'est-ce que je devrais dire !!".

La réalité, c'est que oui, je sais que je suis normale voire mince. Oui, je sais que je n'ai pas à me plaindre objectivement, mais mon corps a changé et j'ai le droit moi aussi de le constater, de comparer à ce qu'il était avant, de faire attention, et tout cela sans entendre les rire des uns et des autres, les comparaisons parce que "non, toi tu n'as pas le droit de te plaindre". 


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Scènes d'amour


Aujourd'hui je me nomme Bluette et j'ai envie de vous raconter des petits moments d'amour volés par-ci, par-là, à des inconnus et à d'autres qui le sont un peu moins. Comme une petite souris qui s'immisce dans un moment intense, témoin malgré elle mais témoin avec émotion d'un fragment de couple.

C'était un soir de semaine, je m'étais aventurée en sortant du travail une station plus loin de ma station habituelle pour me rendre dans un magasin sur les grands boulevards parisiens. Pour rejoindre les quais du RER, tout en bas, dans les tréfonds parisiens, j'emprunte comme tout le monde les escalators habituellement. Seulement cette fois, les escalators ne fonctionnent pas. La plupart s'y risquent quand même, d'autres choisissent les ascenceurs (ce que je suis bien incapable de faire, froussarde que je suis) et quelques uns comme moi cherchent des escaliers pour descendre à pied. Après quelques pas, je me risque dans un couloir sombre et dévale une volée d'escalier le plus vite possible, l'endroit ne m'inspire pas confiance. A peine abandonné la dernière marche, je les vois. Cette vision me cloue 1 petite seconde sur place, puis je continue mon chemin mine de rien. Un couple, lui peut-être la soixantaine, elle tellement plus jeune, une petite trentaine, peut-être un peu moins. Tous les deux très classes, costume pour monsieur, tailleur pour madame, elle poussée contre le mur sans ménagement? avec la violence de leur désir. Un baiser passionné comme on n'en voit que dans les films, ou que l'on réserve à son intimité. Ils ne voient rien autour d'eux, les quelques passants comme moi, la saleté du lieu. Un couple illégitime à n'en pas douter.

C'était la semaine dernière, en sortant du travail (encore oui, que voulez-vous "métro - boulot - dodo"), à la sortie d'un grand centre commercial parisien, un petit couple devant moi, très jeune, dans les escalators (décidément). 
Lui, la serrant très fort dans ses bras, plongeant son regard dans le sien : "je t'aime de ouf".
Cette déclaration, par sa forme, m'a bien fait sourire. Il est des milliers de façons de dire "je t'aime", celle-là est une comme d'autres et après réflexion, je n'en sourirais plus pas car elle traduisait ses sentiments, à sa manière, avec ses mots.

Scène non vécue mais rapportée. Dans le métro, celui qui mène à nos bureaux. Une collègue aux fonctions importantes, que l'on ne peut imaginer en femme amoureuse quand on la croise dans nos couloirs chaque jour, avec un homme. Impossible pour eux de cacher qu'ils s'aiment et depuis peu. Des caresses sur le visage, des petits bisous, des mots tendres, des regards qui ne se détachent pas et peu importe si ce métro que tous ces collègues empruntent à cette heure la voit. Une femme amoureuse, quel mal y a-t-il à ça ? Les ragots ne pourront que se faire envieux.

Un couloir de métro, une rame bondée, un peu d'amour et les voilà transformés.


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Ce jour-là



C'est vendredi. 

Quand le lit te retient entre les pans de sa couette et t'emmitoufle, quand le bruissement des draps te dit de te blottir encore un peu, tu trouves le courage de poser un pied à terre. 

C'est vendredi.

Dans ton appartement, les vêtements se sont acumulés ça et là, en petits tas. Ton dressing rejette, dès que tu l'approches, un pull, une jupe, roulés en boule et jetés un soir en rentrant d'une dure journée.
Tu fais fi de ses propositions et tu attrappes la tenue du vendredi : un gros pull doudou, un jean et des baskets.

C'est vendredi.

Sur le chemin du travail, le sourire aux lèvres, tu penses qu'à cette même heure, demain, les bras de Morphée t'enlaceront encore pour quelques heures. Tu t'octroies le petit déj du vendredi : un pain au chocolat bien gras, et marches de ton pas le plus lent jusqu'au bureau, en profitant de Paris, un jour avant le week-end. Tu as déjà remarqué comme les gens sont plus heureux et détendus ? Ils marchent avec le sourire, et moi cela me donne envie de me réjouir avec eux. Le sourire d'un inconnu le matin, comme ça sans raison.

C'est vendredi.

Au bureau, tout le monde tarde à se mettre au travail. On se questionne sur le programme du week-end à venir, la chef et son week-end "pyjama", la collègue qui reçoit. Quand on ouvre sa boite mail, rien ne nous semble urgent, rien ne parvient à nous stresser. Une petite pause café / chocolat par-ci, par-là, des bonbons chapardés chez le collègue d'en face, des chansons chantées à tue-tête et des rires.

C'est vendredi.

Et "c'est vendredi", cette phrase que l'on répète toute la journée avec un grand sourire, comme s'il s'agissait d'un scoop, d'une formule magique pour faire oublier aux collègues les petits désagréments.

Quand la journée se termine, acheter le magazine hebdomadaire ("Elle" ai-je besoin de préciser ?), coup d'envoi du week-end. Rentrer chez soi, allumer une bougie qui sent bon le cocooning, se blottir sous sa couette rose, toute pleine de roses, enfiler le pyjama qui ferait même rougir Bridget Jones (le pull avec un gros lapin dessus), désactiver le réveil, souffler, planifier les petits plaisirs du week-end.

C'était vendredi.... Mais psttttt : demain c'est samedi (et c'est pas mal aussi) !


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La famille Ingalls





Dans ma famille proche, nous la démonstration, on ne sait pas faire. Se dire que l’on tient l’un à l’autre, des mots tout simples comme « tu me manques », des petits gestes affectueux, ça ne fait pas partie de notre langage. Lorsque l’on fait quelques efforts, c’est d’un air gêné. Faire un cadeau… avec ironie. Se prendre dans les bras… rigides, les bras ballants. Se dire que l’on tient à l’autre… suivi d’une blague.

On se donne des airs de durs, des « c’est pas pour nous ». 

Mais moi, tout cela m’a toujours plus ou moins manqué et considérablement handicapée quand il a bien fallu être démonstrative en couple.

Aujourd’hui, j’ai passé la journée avec une tante et sa famille. J’ai toujours rigolé en prenant cette famille en exemple. On les appelait la famille Ingalls. 

Les frères et sœurs qui se prennent dans les bras, les parents encore ensemble après 30 ans de mariage et qui marchent main dans la main, les « ma petite maman » lâchés avec naturel et sans que personne n'y trouve à dire quoique ce soit.

Pour moi c’était « la petite famille parfaite » mais j’en parlais avec une certaine moquerie, trouvant cela beaucoup trop « gnan gnan », beaucoup trop… tout.

Et pourtant aujourd’hui, je les ai observés. J’ai envié ces enfants (mon cousin et ma cousine), d’avoir des parents toujours ensemble, des parents qui s’aiment vraiment. Quelle chance d’avoir un tel modèle pour démarrer dans leur vie !

J’ai envié ce frère et cette sœur, capable de se serrer dans les bras, comme ça, alors qu’ils étaient juste en train de débarrasser une table après le déjeuner.

Je les ai envié encore de pouvoir se dire qu’ils aiment passer du temps ensemble, se parler avec bienveillance, se dire qu’ils se sont manqués.

Je me suis demandée comment j’avais pu critiquer cela, penser qu’il était mieux de ne pas savoir se parler, se montrer cette affection qui nous est à tous indispensable et  dont j’ai bien souvent guetté le moindre signe chez mes proches.

Etait-ce de la jalousie ? De l’aigreur ? Peut-être bien.

Mais si je ne suis pas la fille, la sœur, aujourd’hui j’ai été la nièce, la cousine et ce fut une belle journée toute douce.

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La mode est un jeu






La mode. J’ai constaté autour de moi et pour beaucoup qu’elle était synonyme de futilité, de légèreté, de celle que l’on désapprouve. Elle n’est pas sérieuse, elle est superficielle. On la porte mais on cache son attrait, ses trouvailles.

Je lis des magazines de mode mais je ne le crie pas haut et fort. Je tais le prix de certaines pièces, moi qui suis pourtant bien raisonnable, à ceux qui haussent les sourcils et restent la bouche ouverte en apprenant qu’un pull a coûté 30 euros !

Ceux-là ne voient pas la beauté de la pièce, tout ce que l’on pourra faire avec, toutes ces autres pièces qu’il mettra en valeur. C’est un jeu. Chercher la bonne association, découvrir de nouveaux styles, de nouveaux « moi », tendre vers celle que j’ai envie d’être aujourd’hui, femme fatale, femme enfant, silhouette romantique ou classique.

Ils disent que c’est être mal dans sa peau, se camoufler, que ça ne sert à rien, ne change pas ce que l’on est que « l’habit ne fait pas le moine ».

Moi je dis qu’ils ne comprennent pas. Que la mode, ce n’est pas se cacher derrière des vêtements, ce n’est pas faire le mouton, ce n’est pas être superficielle.

Superficielle, j’ai cherché la définition exacte : « Qui n’appartient qu’à la surface, n’intéresse que la surface » / « Qui n’est ni profond, ni essentiel ».

Aimer la mode, la pratiquer, ce n’est pas enfiler des couches de vêtements sans réfléchir, juste en cherchant des associations de couleurs et de formes.

Aimer la mode, c’est s’amuser avec les couleurs et les formes. C’est donner à voir ce que l’on est vraiment à l’intérieur, ce que l’on voudrait être, c’est offrir aux autres la vision que l’on a de soi.

C’est se sentir bien dans ce que l’on porte, se sentir à son avantage. C’est se conférer une force supplémentaire. Supplémentaire. C’est se doter d’assurance, de confiance en soi, c’est être ce que l’on veut.

C’est aussi un jeu, un plaisir, un amusement.

Ouvrir un magazine de mode et découvrir de belles photos, découvrir de nouvelles icônes et de nouveaux blogs mode, de nouvelles inspirations. C’est un trépignement, quelques instants d’excitation, une nourriture pour les yeux et la créativité.

Ce n’est pas être un mouton et porter du marron, « le nouveau noir » parce que cette saison, c’est comme ça et pas autrement. C’est au contraire, piquer ça et là des idées, se les approprier et créer soi-même son style au gré des envies du moment.

Ce n’est pas se soucier des autres et du qu’en dira-t-on mais oser, avoir de l’audace, et s’amuser des regards désapprobateurs et des petites réflexions qui ne nous atteindront pas tant que nous sommes nous-même en accord avec ce que nous portons.

Qui a parlé de superficialité ? En ces termes, je parlerais plutôt de... liberté !
 

 Ce week-end, j’ai regardé le film – reportage « Mademoiselle C » qui retrace les étapes de la création du magazine de mode de Carine Roitfeld, ancienne rédactrice en chef du Vogue France. Cette phrase, extraite d’une scène où elle cherche à définir avec son équipe ce que sera et ne sera pas son futur magazine, m’a donné matière à réflexion (même si moi, la fille d'à côté m'intéresse) :

« Il manque un mot, c’est le mot rêve. La mode a toujours été un rêve pour moi, mais maintenant c’est devenu une industrie. (…) La mode ne doit pas ressembler à la réalité. Je ne veux pas photographier la fille d’à côté, elle ne m’intéresse pas. Je préfère rêver d’une autre fille. C’est pareil avec la mode. Parfois c’est trop accessible, trop commercial, et ça ne me fait pas rêver. Ce que j’aime avec les magazines de mode, c’est quand ils vous font rêver. Rêver que vous appartenez à un club privé, c’est comme appartenir au monde privé de la mode. »