mercredi 27 août 2014

Les petites fourmis - Le saviez-vous ?

Publié par Loraline à 17:50 2 commentaires


J’ai fait une découverte. Qui n’en sera peut-être pas une pour vous, et peut-être vais-je passée pour une idiote parce que vous allez tous vous dire « bah oui, ça on le savait déjà ! Quoi, elle savait pas ça ? ».

Mais tant pis, je fais partager.

Alors comme tout le monde, je regarde depuis toujours des séries étrangères (bon ça marche aussi pour les films en fait, et là je me dis que vraiment, tout le monde doit déjà savoir ça... mais bref, continuons, et si vous voulez me jeter des pierres virtuelles après, vous pourrez).

Je sais bien que ce ne sont pas les vraies voix des acteurs que l’on entend, et qu’ils sont doublés par des acteurs français. Mais je me demandais comment il était possible que les bouches coïncident avec un texte en français, alors qu’à l’origine les acteurs prononçaient sans doute des mots bien différents dans leur langue. Je n’avais jamais approfondi la question et je pensais en fait qu’une technique permettait de caler le mouvement des lèvres des comédiens doubleurs, sur les comédiens à l’écran.

Ouais, je sais, c’était un peu tiré par les cheveux...

Mais un dimanche matin, alors que je regardais Un, dos, tres, une série à fort coefficient intellectuel, j’ai décidé de me pencher sur la question (oui, les dimanches matins peuvent parfois paraître bien long).

Le Dieu Wikipédia m’a alors tout expliqué : les acteurs tels qu’on les voix à l’écran prononcent leur texte dans leur langue d’origine, et aucune super technologie ne vient modifier le mouvement de leurs lèvres pour qu’il colle à notre langue.

C’est là qu’un travail de petite fourmi entre en action : des personnes sont chargées de traduire les textes d’origine (prenons l’exemple d’une série anglaise) en français. Jusque-là, je m’en doutais, rien de nouveau. Mais ce que je ne savais pas, c’est qu’ils doivent trouver une traduction qui, non seulement collera au plus près du sens voulu par les auteurs, mais qui en plus, en terme de prononciation, se rapprochera le plus des mots en anglais.

Parfois, une certaine traduction anglais > français serait idéale au niveau du sens, pour faire passer l’idée ou l’humour du texte originale. Mais les traducteurs sont obligés de ne pas retenir cette traduction parce qu’au niveau des mouvements de la bouche, des lèvres, il y aurait un trop grand décalage !

Un vrai travail d’orfèvre !

Je m’amuse depuis à regarder les acteurs en me demandant quel est le mot réellement prononcé dans leur langue.

Alors, vous le saviez ?

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lundi 25 août 2014

La rumeur

Publié par Loraline à 14:13 0 commentaires







C’est fini, je crois que je ne contrôle plus rien. Oh bien sûr, ce n’est pas de la même nature qu’à l’école, au collège, lorsque en bonne première de la classe, j’étais moquée par les autres élèves par pur méchanceté.

Non, ce n’est pas cette fois « méchant » ou même mal intentionné. C’est même affectueux en fait, enfin c’est comme cela qu’eux envisagent les choses.

Je suis la plus jeune, avec des manières de gamine bien souvent. Peut-être est-ce ma faute alors, peut-être aurais-je dû faire l’adulte même si cela aurait signifié se forcer et ne pas être tout à fait moi.

Bien sûr que j’ai dit, à un moment donné, il y a peut-être même 1 an et demi en arrivant, que j’étais célibataire.

Mais d’autres le sont alors pourquoi moi ?

Mais j’ai ri toutes les fois où les autres en parlaient. Je n’ai rien dit, pas apporté d’éléments supplémentaires sur ma vie privée, mais j’ai ri avec eux de ça. Oui, c’est vrai que lui et mignon, ah non lui, j’aime moins. Ah oui, 25 ans donc je vais être catherinette,

Mais j’aurais dû faire quoi ? Me mettre en colère ? Dire cela ne vous regarde pas ? Si tu voyais l’ambiance ici, notre couloir, on l’appelle pour rire « la rue du bonheur ». On s’entend tous bien, on rigole et on se raconte nos vies. Alors prendre le risque de casser ça alors que je venais d’arriver, je n’ai pas osé.

Je n’ai pas tout dit pourtant. L’histoire cette année qui n’a pas marché, les flirts qui en sont restées.

Je ne donne plus d’eau au moulin, mais il continue de tourner.

Et ce matin, la goutte qui fait déborder le vase. Depuis mon bureau, j’entends sur le ton de la blague, une collègue de mon service dire à une collègue d’un autre service sur le ton de la rigolade « on va inscrire Loraline sur Meetic ».

Je ne me suis pas levée, je n’ai pas été les voir pour dire « ça suffit ». Je crois qu’ainsi, je passerai pour la fille qui vit mal son célibat, la fille désespérée.

J’avais pourtant mis les choses au clair une fois, je pensais que le message était passé « ok, on peut plaisanter, mais à la limite ça reste entre nous, mais certainement pas devant des personnes d’autres services, ok ! Je tiens à conserver ma crédibilité ».

Et là, ce matin j’ai compris, que j’avais perdu le contrôle, et qu’au final c’est comme ces rumeurs que l’on ne peut stopper.

Je suis la petite collègue, la gamine, que l’on cherche à caser, comme l’on parlerait d’une amourette dans une cour de récré. Sauf que moi, je suis adulte, vaccinée, et que j’ai 26 ans.

La leçon et bien retenue : à mon prochain poste, mon prochain service, rien ne filtrera, et je m’en fiche de passer pour la fille pas sympa.

J’avais déjà écris un article sur un sujet similaire « est-il bon / possible d’être naturelle au travail ? » Eh bien vois-tu, aujourd’hui je me réponds à moi-même : NON !!




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lundi 18 août 2014

Bas les masques

Publié par Loraline à 19:27 0 commentaires



Et voilà, encore un article de plus dégoulinant de bons mots, de maximes toutes faites et de phrases bateau toutes sorties de manuels de psychologie de bas étages, ou des fameux manuels de développement personnel si chers à la copine Bridget Jones.
« Soyez vous-mêmes », « faites-vous plaisir », « soyez égoïstes ».
Ah, ce dernier est un peu plus risqué, non ?
Mais j’en ai marre voyez-vous. Marre de me poser 1001 questions sur ce qui est bien ou sur ce qui ne l’est pas. Si j’ai bien réagis, bien répondu. Si j’aurais dû faire ou dire cela.
Et comment untel l’a interprété ? A-t-il été vexé ? Comment va-t-il me percevoir ? Aura-t-il toujours envie de me voir ?
Et le soir de ressasser. Culpabiliser, se dire que l’on n’aurait pas dû, même si sur le moment, c’est venu comme ça, spontanément. Car c’est ce que l’on est : spontanée.
« Je suis responsable de ce que je dis, pas de ce que tu comprends ». Je me la suis répétée souvent cette phrase, pour me dédouaner d’une réaction, d’un mot qui avait blessé, d’une réaction, d’un mot, que j’avais interprété. Etre égoïste, ça parait péjoratif, dit comme cela. Mais ça fait du bien.
Se dire que l’on est comme on est, et puis-c-est-tout. Que s’ils ne sont pas contents, c’est pareil. Que l’on n’est pas parfait, et que l’on a fait comme on a pu. Que c’est fatigant d’interpréter, et que s’il y a un problème, on nous le dira, que l’on désamorcera, ou sinon que cette personne n’en valait pas la peine. Que l’on n’était pas fait pour s’entendre.
Etre égoïste dis-je. Et encore, être égoïste, ce serait ne pas se poser 1001 questions.
Ces 1001 questions, c’est de la peur. De la peur de ne plus être aimé, de la peur d’être abandonné. De dire ou de faire ce qui sonnera le glas d’une relation, de dire ou faire ce qui fera que l’envie de me revoir ne sera plus là.
Dis comme cela, ça paraît bête, non ? Etre quelqu’un d’autre ou n’être pas tout à fait soi pour retenir quelqu’un ou susciter un intérêt qui ne nous serait pas accordé si l’on était nous-même. En voulons-nous vraiment de celui-là ?
C’est encore ce fléau, ce petit morpion qui nous colle à la peau : la timidité encore, celle qui nous fait douter lorsque l’on a envie de sortir de nos sentiers bien définis, et d’aborder quelqu’un pour la première fois, c’est donc bien celle-là qui nous pousse à nous demander si nous saurons conserver l’intérêt d’untel assez longtemps, aussi longtemps qu’on le voudra, si être soi ne vaut pas moins que des mots qui sonneront bien.

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dimanche 10 août 2014

La séduction en théorie... et quand je pratique...

Publié par Loraline à 14:06 2 commentaires


Etre une personne timide, c'est un sacré handicap parfois, et particulièrement en ce qui concerne la drague et la séduction. Il y a ce que l'on aimerait pouvoir faire ou dire... et la réalité !
Combien de fois je me suis fait chahutée parce que "bah ça m'étonne pas que tu n'aies personne, c'est pas comme ça qu'il faut s'y prendre !". 
Le problème, c'est que je SAIS comment il faut s'y prendre, mais mon corps et mes gestes ne suivent pas... 

Concrètement, ça donne ça :

Le regard

- En théorie : Regards de braise, fixer l'objet de votre convoitise dans les yeux.
- Moi, en pratique : regards de braise... en direction de mes chaussures, de mes mains, de tout objet sans aucun intérêt et même du ciel (ce qui me donne un air inspiré ou de débile au choix).

La conversation

- En théorie : avoir de l'humour, des sujets de conversations variés, manier la répartie et les jeux de mots.
- Moi, en pratique : incapacité totale à aligner correctement trois mots même pour la phrase la plus simple qui soit, ce qui donne bien souvent des phrases à la maître Yoda ou des morceaux de phrases patchwork, qui n'ont normalement rien à faire ensemble. Ajoutons à cela le bégaiement et le fait de parler en apnée, et c'est bon : il est séduit il a fui !

Au restaurant

- En théorie : j'ai souvent entendu de la part de gars, qu'une femme qui avait de l'appétit, c'était assez séduisant, un petit côté bonne vivante.
- Moi, en pratique : eh mais ça tombe bien !! Je suis un véritable estomac sur pattes ! Sauf... quand je mange avec un homme qui me plaît. Appétit complètement coupé, impossible de finir une assiette et je passe pour un petit moineau (je vous raconte pas le choc, si la relation va plus loin). Me connaissant, en général je prévois le truc et je mange un morceau avant le "date". Sauf pour ma dernière relation, un timing de fou, impossible de caler un moment pour manger avant de le retrouver (c'était ça ou ne pas être coiffée, étant en phase de séduction, j'avais opté pour la coiffure), résultats : le ventre qui gargouille à chaque rendez-vous, pas génial non plus la suspicion de problèmes gastrique quand vous lui assurez que "si, j'ai mangé ! C'est la digestion !".

La classe

- En théorie (la mienne) : bah voilà quoi, une fille avec un peu de classe et d'assurance, c'est plus séduisant que...
- Moi, en pratique : renverser le pichet entier de cidre sur la fille à côté de moi parce que le gars charmant, en face de moi, me parle ? C'est fait. Faire tomber sa fourchette. La ramasser. Faire tomber son couteau en ramassant sa fourchette. C'est fait. Se cogner partout. C'est fait. Essayer de se servir d'une fourchette pour manger lors d'un dîner en tête à tête avec le potentiel, et rater sa bouche avec sa fourchette (je vous jure que c'est possible) un nombre incalculable de fois. C'est fait.

La classe bis

- En théorie : marcher d'un pas assuré mais non moins agréable à regarder.
- Moi, en pratique : "Oh bordel !! Il est là, merde, il va me voir marcher. Oh punaise, il me regarde !! Mais... mais, c'est comment qu'on fait pour marcher déjà ? Un pas devant l'autre et puis recommencer, ouais, c'est ça ! Mais mes bras, j'en fais quoi de mes bras ?! Oh la la, il me regarde encooore ! Aaaah noooon, un escalier à monter !! Raaah nan mais je tords des fesses là, ça va pas du tout !!" = démarche de playmobil après une cuite. 

Heureusement pour moi, il existe un spécimen d'homme très rare qui trouve les femmes timides et maladroites, mignonnes et attendrissantes (ok, moi aussi j'ai l'impression qu'on parlerait plutôt d'un lapin en ces termes là, mais pas grave, je prends, à ce niveau là, j'ai abandonné toute fierté).

(Toute ressemblance avec une personne existante ou ayant existé, en l’occurrence moi, est purement volontaire, l'auteure s'étant résignée à accepter sa véritable nature).

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jeudi 7 août 2014

La déclaration

Publié par Loraline à 14:18 0 commentaires



J’ai longtemps habité loin de toi, sur une île dont on vantait tant la beauté, incompréhensible de vouloir la quitter.

Le matin en ouvrant mes volets, la mer était à mes pieds, les petits bateaux de plaisance se balançaient doucement au gré du doux souffle du vent.

Mon regard se portait un peu plus loin, jusqu’aux montagnes qui encerclaient la ville, masses floues et sauvages.

Les petites rues dans lesquelles je me promenais me ramenaient bien vite à la maison. Ces mêmes rues qui faisaient le bonheur des gens de passage.

Maman nous avait tant raconté son ressenti la première fois qu’elle avait posé les pieds ici : la mer d’un côté, la montagne de l’autre, et tout le reste, une île. Elle s’était sentie oppressée, étouffée, loin de tout et de la vie.

Mais maman n’était pas d’ici. Moi oui, moi j’y suis née, moi j’y ai grandis. Et pourtant, comme maman je me sens enfermée.

Les petites rues, les petits magasins, la voiture qui ne peut jamais nous emmener bien loin, l’avion et le bateau sont notre porte de sortie.

Moi je voulais du grand, de la vie, je voulais me trouver là où le monde palpite.

Alors, j’ai pensé à toi.

J’ai mis du temps pour te rejoindre. Des haltes de quelques années, dans des villes qui te ressemblaient mais qui n’était pas tout à fait toi.

Je ris d’y penser : je suis la petite provinciale qui rêve de la grande ville, je suis un clichée ambulant.

J’ai rêvé de tes grandes avenues, de tous ces gens qui traversent les rues tous en même temps, d’un même pas.

J’ai rêvé voir une exposition à la télé et me dire dans la foulée « cet après-midi, j’y vais ».

J’ai rêvé être une Parisienne pressée, et regarder tous les autres se dépêcher.

J’ai rêver tant de fois pouvoir admirer tes monuments, à toutes les heures, par tous les temps.

La conciergerie, dans laquelle j’ai imaginé les dernières heures de Marie-Antoinette, je la vois tous les jours en allant travailler.

Jamais je ne me lasserais de ces visions : tes ponts majestueux et la lumière du matin, Paris endormie, et tout semble possible.

Je t’avais rêvé et maintenant je suis ici.

Si bon nombre de mes projets de vie n’ont pas encore vu le jour, et ne pointeront jamais le bout de leur nez, je peux au moins dire aujourd’hui :

Je suis là où j’ai toujours voulu être.
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mercredi 30 juillet 2014

Je me fâche

Publié par Loraline à 21:44 0 commentaires


Ce matin, j'ai reçu un message d'une amie, L., avec laquelle j'ai de nombreux points communs. Notre plus grand point commun, notre plus grand sujet de conversation et nos plus grandes craintes communes étaient justement l'objet de son message.

En vacances en famille, elle m'explique qu'est venue en sujet de conversation lors d'un repas, le "cas" d'un jeune homme de son âge (et du mien) qui, à 25 ans, n'avait pas eu de relation longue durée, ou de petite amie connue. "Ce n'est pas possible !! A 25 ans ?! Mais il est forcément gay !!".

Grand blanc, regards génés vers mon amie, têtes baissées.

Elle, très mal à l'aise, a dû se justifier face à sa famille. Non, elle n'est pas homosexuelle, elle n'a simplement pas encore trouvé chaussure à son pied.
Attention, je ne dis pas qu'être homosexuel est mal hein, loin de là, mais là en l'occurence, ce n'est pas le cas et je trouve complètement dingue cette suspicion d'homosexualité non assumée parce qu'à 25 ans tu n'es pas casé !!

Allô !! Nous sommes au 21ème siècle, en 2014 !! Peut-être que du temps de nos parents, la plupart étaient mariés à 25 ans et papas / mamans (les miens à cet âge là avaient déjà deux enfants, et ma propre sœur aujourd'hui me rappelle souvent qu'elle, à 25 ans, eh ben elle était déjà maman, et toc), mais aujourd'hui, les choses ont quelques peu changées !

Tout bon manuel ou article de sociologie l'expliquera ainsi : allongement de la durée des études, progression de l'emploi féminin etc, etc. L'âge moyen du premier enfant en France en 2012 pour une femme est de 30, 1 ans (source Insee, eh oui, c'est sérieux).

J'entends moi aussi régulièrement des choses comme celles-là, de membres de ma propre famille. Je n'ai pas cumulé les histoires d'amour, tout comme l'amie dont il est ici question, je n'ai eu qu'une histoire qui a compté.

Toujours les mêmes questions en réunion de famille, avec le tact qui caractérise la mienne "alors, toujours pas de mec ?". Il a même été suggéré récemment que, quand même, c'est bizarre, c'est pas possible, Loraline a dû rester bloquer sur son ex, il serait peut-être bon qu'elle envisage une psychanalyse !

Ahem... Zen, zen, zen...

Et la personnalité dans tout ça ? Je suis quelqu'un de timide, L. aussi. Nous rougissons quand un gars nous plaît, nous baissons les yeux, nous sommes bien incapables du premier pas.

Je trouve complètement fou, de nos jours, qu'une personne célibataire à 25 ans soit considérée comme "anormale" que certaines personnes sont persuadées qu'il y a une raison cachée.

N'est-il pas possible d'accepter que nous sommes tous différents ? Avec des personnalités différentes, plus ou moins introvertis ? Que nous n'avons pas tous cette facilité à aller vers le sexe opposé ? Que nous ne déballons peut-être pas non plus les efforts que l'on fait à notre famille car cela nous appartient ? Que les temps ont changés et qu'aujourd'hui ou demain, on avance à notre rythme ? 

Pour ma part, je veux être maman un jour (et certaines personnes me disent intelligemment "commence d'abord par trouver le papa" Gneuu), mais je veux aussi évoluer dans ma carrière. Je ne veux pas être maman maintenant, car j'ai 25 ans, et que je ne me sens pas encore suffisamment adulte pour ça. Je me vois davantage maman vers la trentaine. 

Mais cette pression, cette urgence de cocher toutes les cases de la vie de femmes telle qu'elle est vue par la plupart des gens m'angoisse et me donne parfois cette envie qui n'est au fond pas la mienne, de tout faire le plus vite possible (mariage, bébé etc) pour qu'enfin je rentre dans la case, et que l'on me laisse tranquille. Ma sœur par exemple, ne me comprends pas quand je lui dis que j'aimerais, plus tard, n'avoir qu'un seul enfant "ouais, tu dis ça maintenant, moi aussi je le disais mais tu changeras d'avis, tu verras". Argh !! Pourquoi ?? N'est-ce pas envisageable de ne vouloir qu'un enfant ? Est-ce que ça fait de moi un monstre au cœur sec ou une femme-enfant immature qui ne sait pas ce qu'elle dit ? Comme j'imagine, même si ce n'est pas mon cas, ce que doivent endurer comme discours les femmes qui ont fait le choix de ne pas avoir d'enfant...

Comme il est dur de devoir rentrer dans des cases !

Voilà, j'ai écrit cet article d'une traite, sous le coup de l'agacement, alors j'espère ne pas avoir été trop confuse :)



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mardi 29 juillet 2014

La lettre

Publié par Loraline à 21:31 2 commentaires


Jamais un petit bout de papier ne m'aura été aussi précieux. Je peux le conjuguer au futur, sans douter un seul instant qu'il SERA de toute ma vie, le petit bout de papier le plus précieux qu'il m'ait été donné de posséder.

Tu la vois, cette simple feuille de papier pliée en quatre ?

Je te raconte son histoire.

Elle m'a été remise il y a 8 ans déjà, par un papa au visage blanc et aux yeux rouges. Autour de moi, les mêmes couleurs sur d'autres visages. Je m'empare de ce morceau de papier dont je viens d'apprendre l'existence et marche très vite jusqu'à ma chambre. Dans un miroir, je croise mon reflet, un visage qui n'a pas pleuré, qui n'a pas réagi comme tout le monde l'attendait.

Une page écrite au recto. Une lettre qui commence par mon prénom. Et des mots, des mots si longtemps espérés et que j'aurais préféré ne voir jamais arriver si le départ de celui qui les a tracé était l'unique condition pour qu'ils voient le jour.

Cette lettre, je l'ai peu regardé depuis, je sais le pouvoir qu'elle a sur moi, des émotions et des questions qu'on ne réfrène pas.

J'ai besoin de la savoir en sécurité, en ma possession, pouvoir, une fois par an peut-être, l'ouvrir et observer le tracé de chaque mot, l'imaginer me les écrire.

C'était à quelle heure ? Etait-ce longtemps... avant ? Comment étais-tu au moment où tu l'as écrite ?

Cette lettre, c'est une lettre d'adieu, de celles que je n'aurais jamais cru recevoir, même si je trouvais cela tellement romanesque dans les films que j'avais pu voir.

Celle d'un frère à une sœur, celles d'un frères à ses deux sœurs. Bien en évidence, dans une pochette, sur le bureau, tout près de lui, elles nous attendaient sagement.

Les dernières mots qu'il ma adressé, mais ces derniers mots que je pourrais toujours conserver : « je t'aime », « ne m'oublie pas mais avance »...

Une chanson de Renan Luce raconte peut-être bien mieux que moi tout cela, preuve que nous sommes beaucoup à posséder chez soi, une lettre comme celle-là :


Aurais-je imaginé que je me trouv'rais là
Une mine de stylo plantée sur ma peau?
Les yeux de mon bourreau qui ne me quittent pas
Ma blancheur lui fait peur, je sais qu'il cherche ses mots

Je suis une feuille blanche, je ne demandais rien

Qu'à rester sur mon arbre et attendre la fin
Moi j'aimais le vent se perdant dans mes feuilles
Le murmure de la sève qui me donnait la vie
Moi j'aimais la hauteur que j'avais sur les choses
Je n'ai pas vu venir la lame qui m'a trahie

Si au moins je servais de papier officiel
Pour signer des traités et protéger les faibles
Ou être dans les mains d'un poète oublié
Qui me jett'rait ses vers comme on cherche un ami

J'aurais pu être pressée sur le cœur d'une enfant

Ecoutant dans mes lignes la voix de son amant
Ou être le pliage d'un gamin de huit ans
Et voler dans les airs sous les rires des enfants

Ou être dans les pages d'un livre d'histoire

Qui dit que le chemin est encore tellement long
Mais voilà que je sens que la plume me frôle

Et les lettres se forment comme l'encre tourbillonne
J'n'ai jamais vu plus lourd que le poids de ces mots
C'est la misère d'un homme que je sens sur mon dos

Il dit «Je veux finir d'avecques ma vie

Pardonne-moi mon amour mais je m'arrête ici
Ce n'est pas de ta faute si je baisse les bras
Mais j'ai perdu ma chance de gagner ici-bas»

Et moi c'était mon rôle de porter tous ces mots

Et les larmes d'une femme tomb'ront sur moi bientôt
J'aurais pu être pressée sur le cœur d'une enfant

Ecoutant dans mes lignes la voix de son aman
tOu être le pliage d'un gamin de huit ans
Et voler dans les airs sous les rires des enfants

Mais je tourne la page d'une triste histoire

Qui dit que le chemin n'était pas tellement long
Pas tellement long
Pas tellement long...

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